Des images qui ébranlent notre perception du monde
Au musée de Guéthary, l'exposition Vibration présente les photographies de Didier Fournet, entre abstraction, hyperréalisme et prouesse technique.
Les photographies de Didier Fournet sont reconnues en Europe et aux Etats-Unis pour leur technique singulière des vibrations. Ces paysages naturels ou urbains se confondent avec de la peinture, mais au lieu d'y voir des coups de pinceaux, l'oeil qui se rapproche aperçoit d'innombrables pixels permettant de scruter l'image comme dans un microscope. Chaque oeuvre est le résultat d'une construction rigoureuse à partir d'un fichier d'images prises dans un même champ, pendant une demi-heure à deux heures de pose. Le travail de montage de ces clichés produit une temporalité irréelle que l'artiste ensuite déstructure par le découpage et le collage du fichier numérique afin de cristalliser ces différents moments dans la vibration de l'image. Ainsi le regard n'en finit jamais d'apercevoir des détails dans ces oeuvres aux apparences kaléidoscopiques.
Si la première salle du musée de Guéthary est dédiée au Pays basque, la seconde renvoie au reste du monde : Paris, New-York, Hong-Kong, l'Italie ou la Chine. Exposé pour la première fois, le triptyque de New York extrapole sur un mur entier la technique des vibrations élaborée avec les pixels issues du plus important fichier jamais utilisé par le photographe. Entre les dorures intemporelles de Klimt et les fêtes villageoises aux mille détails de Bosch, les images fixes de Didier Fournet font vibrer le temps en réponse aux vidéos de Bill Viola. " Chaque déconstruction de l'espace-temps nécessite de quelques jours à plusieurs semaines de travail. Avec les pixels pour matière première, j'envisage un ressenti abstrait, basé sur les couleurs, les formes, le sujet.", commente l'artiste. La quête de la beauté à l'état pure prévaut sur le défi technique. Chaque image devient une invitation au voyage pour une splendeur inexistante, issue du fourmillement de pixels apparentes. Comme si les vibrations de Didier Fournet permettaient de peser l'or du temps.