L'art bayonnais de bien vivre ensemble
A l'occasion des dix ans du centre d'art contemporain de Bayonne, sa directrice, Amandine Chaput, et Yves Ugalde, adjoint au maire chargé de la culture, reviennent sur la réussite et les valeurs fondamentales du Didam.
Cela fait 10 ans que le Didam a investi l’ancien bâtiment de la Direction Interdépartementale Des Affaires Maritimes avec une proposition forte en faveur de la création visuelle. Consacré aux 20éme et 21éme siècles, l'espace d'art contemporain de Bayonne ouvre aussi nos yeux sur le monde. Sa gratuité et l'équilibre des propositions entre des grands noms nationaux, internationaux et des artistes locaux aux parcours reconnus permettent de toucher tous les publics. Le Didam est complémentaire des espaces culturels qui existaient déjà sur tout le territoire, que ce soit le cinéma l'Atalante, la scène nationale, le Magnéto à Bayonne, ou encore la Biennale d'Anglet et la Villa Beatrix. Pour mieux s'ancrer dans le territoire, le Didam travaille en synergie avec de nombreuses associations locales et accompagne chaque année le festival Points de Vue dédié au street art.
Yves Ugalde rappelle que la création du Didam s'inscrit dans un projet urbanistique, et que le centre d'art a permis la mutation réussie du quartier de la gare. En ce sens, Amandine Chaput souligne que le Didam constitue un lieu de vie à partager grâce à des expériences artistiques. Cet espace d'art incarne un esprit collectif où il faut donner envie d'entrer à tous, et pour cela "sortir de la position du sachant". Au-delà de la création plastique au Pays basque, Amandine Chaput et Yves Ugalde réaffirment le rôle fondamental de l'art pour enrichir les relations sociales et développer la confiance en l'autre.
La fréquentation du Didam a augmenté au cours de ses 50 expositions pour rapidement devenir une référence dans la vie culturelle du territoire. Avec des visites et des ateliers, la médiation culturelle s'avère être essentielle pour s'adresser à tous les publics, qu'ils soient scolaires ou plus en marge. Par exemple, les assistantes maternelles peuvent y étudier les formes et les couleurs avec des enfants en bas âge, tandis que d'autres structures associées au Didam permettent à des personnes en situation d'exclusion d'y reconstruire un lien social.
Depuis la pandémie de Covid, les attentes du public à l'égard des expositions a évolué, et la demande pour la pratique en amateur a fortement augmenté. Au-delà d'un rôle de diffuseur, la structure bayonnaise joue un rôle plus actif pour rapprocher le public des expériences créatives. En outre, les artistes ne sont pas invités avec une exposition clef en main, car ils doivent s'approprier cet écrin aux coins et recoins particuliers. Ainsi les projets des artistes sont accompagnés par une équipe de techniciens incontournables pour la mise en place avec succès de chaque exposition nécessairement liée au Didam. Les artistes de renommée internationale apprécient l'esprit du lieu autant que sa vue splendide sur Bayonne et la proximité de l'océan. Dernièrement Reza a témoigné de son "expérience fabuleuse" avec les écoliers.
Par ailleurs, l'espace d'art de la ville de Bayonne entretient des relations fortes avec le sud. Selon Yves Ugalde : "La Communauté d'Agglomération Pays Basque offre de nouvelles perspectives pour construire ensemble l'esprit transfrontalier. C'est le grand enjeu, car la culture supprime des clivages. L'art fait évoluer les mentalités, la politique suivra". En somme, Amandine Chaput et Yves Ugalde considèrent le Didam comme l'outil majeur de la politique des arts visuels de la ville et un levier pour mieux vivre ensemble.