Nouvelles abstractions sensuelles de Kardesch

L'exposition « Traces et tracés » présente les oeuvres de Kardesch réalisées pour l'invitation du Didam. Ses abstractions sensuelles sont à découvrir à Bayonne. 

Le triptyque à l'entrée de l'exposition incarne l'art abstrait de Kardesch autant que sa passion exclusive pour la peinture à l'huile, sensuelle et chatoyante. "La découverte de l'abstraction à l'âge de 13 ans m'a ouvert des possibilités immenses et permis d'exprimer ce qui vient de ma réalité : ce fut une révélation !", confie l'artiste. La poudre d'or et le noir charbonneux du triptyque soulignent l'importance de la matière. Par ailleurs, les murs du Didam ont été repeints en beige et marron afin "d'envelopper le public dans la douceur" et d'entrer dans l'univers de Kardesch. Le choix des lumières tamisées contribuent à cette ambiance intime et contemplative.

La salle de gauche accueille les puissantes calligraphies réalisées pendant un séjour de six semaines à Séoul. Toutefois la pratique purement visuel de Kardesch ne forme pas de caractères littéraires : la beauté du geste suffit à témoigner de ses émotions. La spontanéité et la dimension aérienne des traits expriment l'engagement du corps. Le travail de la matière picturale procurent aux oeuvres une dimension tactile et une finition souvent veloutée. Le ponçage des peintures accentue le contraste entre le mate et le brillant. Ses "noirs miroirs" favorisent l’interaction avec des oeuvres qui réfléchissent notre présence et suivent nos mouvements. Au-delà du noir et blanc, Kardesch a peint aussi le cercle jaune d'un soleil qui évolue sur plusieurs toiles.

Derrière le triptyque de l'entrée, les tracés spontanés des dessins à l'encre suivent l'énergie du moment. Certes, Kardesch travaille en musique pour que ses états d'âmes vagabondent, mais la respiration rapide de ses traits mélodieux sont toujours le résultat d'un travail posé. "Je ne veux pas tracer un trait s'il ne vient pas de l'intérieur", précise-t-elle. Enfin la salle à droite de l'entrée est consacrée aux jeux d'équilibres entre des formes et des couches de couleurs parfois surprenantes, comme l'azur et la framboise. La sensation d'apesanteur de ses dernières grandes toiles sont empreintes de spiritualité.

Kardesch affirme ne pas avoir choisi d'être artiste : "C'est une nécessité. Chaque jour je me réinvente dans mon atelier. Je ne fais jamais deux fois la même chose. Toutes les séries forment le puzzle de celle que je suis. Cette exposition, c'est moi." Au final, l'esthétique de la trace témoigne d'e sa foi dans une vie vouée à l'art.

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