Une artiste féministe, porte-voix de la nature

Les dernières oeuvres de Marlène MacCarthy explorent nos relations avec la nature et mettent aussi en valeur la sagesse ancestrale des femmes. Comme l'artiste New-Yorkaise est connue depuis les années 1970 pour son engagement féministe, les "broussailles" du titre de l'exposition renvoient plus précisément auxdiscours dominants qui invisibilisent la place des femmes dans la connaissance.

Dans la grande salle, ses dessins emblématiques de grand format ont été réalisés par la superposition de traits fins au stylo, à la graphite et parfois avec un surligneur. C'est la superposition de nombreuses lignes courbes qui produit des figures réalistes où les corps des femmes sont étroitement liés avec les plantes et la terre. De plus, l'impressionnante série de primates et de femmes entrelacés fait écho aux travaux de célèbres primatologues comme Jane Goodall ou Diane Fossey qui ont repensé les notions d'humanité et d'animalité grâce à une démarche d'observation basée sur l'empathie. Face aux dessins, l'installation Monument pour un Epistemicide, réalisée pour la Tabakalera, reproduit les jardins médiévaux que les femmes utilisaient pour agir sur les corps. Avec cette oeuvre multidisciplinaire qui rend perméable les frontières entre l'art, l'histoire et la science, Marlène MacCarthy veut sensibiliser le public aux connaissances féminines rejetées depuis la modernité, avec la mise en place de la chasse aux sorcières. La salle du fond présente un triptyque constitué d'extraits de plantes différentes, placés au centre de cibles colorées. Le temps de contemplation intensifie l'aura de ses tableaux, car il se dégage une présence à la fois symbolique et vivante de ces cercles concentriques, à mi-chemin entre l'art abstrait et le végétal. Ainsi l'exposition de Marlène MacCarthy affronte notre époque avec un regard sensible et critique.Les peintures du présent, entre le confinement et l'éternité

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Bernard Manciet