Un été avec Sorolla, le magicien de la lumière

Avec "Voyager pour peindre. Sorolla à Saint-Sébastien", le musée San-Telmo de Donostia présente le bonheur du grand peintre valencien lors de séjours au Pays basque.

A l'occasion du centenaire de la disparition du peintre le 10 août 1923, le musée San-Telmo collabore avec le musée Sorolla et la fondation du musée Sorolla pour exposer une trentaine de toiles et des photographies qui témoignent de ses 30 années durant lesquelles l'artiste a élu Donostia comme son lieu de séjour estival favori. Entre 1889 et jusqu'à sa mort, Sorolla réalisa sa devise sur la côte basque : vivre et voyager pour peindre.

Dans la salle capitulaire, repeinte en bleu, on découvre sa fascination pour cette lumière du nord, éloignée de son éblouissante Méditerranée natale. Comme la modernité de son approche tenait à l'audace des couleurs vives et à sa manière de capturer la réalité à l'air libre, Sorolla s'exerce plus encore à saisir la diversité des phénomènes atmosphériques de l'Atlantique, plus encore la violence de l'océan. Le rend les mouvements et les reflets de l'eau, la réverbération de la lumière sur la mer. Il accentue la luminosité des toiles par la superposition des couleurs complémentaires, proche en cela les impressionnistes. En 1917-1918, la série Rompeolas donne à voir une mer d'huile où la fine décomposition de la lumière côtoie l'abstraction et se détache du réalisme initial des premiers séjours. Dans Un jour de tempêtes, le gris violacé du ciel nuageux et la force des vagues ne font qu'un. Dans Après le bain, où sa fille cadette discute avec une amie sur sable ocre, les fines coulures présagent celles de Marc Desgrandchamps,.

L'artiste participe aux festivités et s'intéresse à toutes les facettes de la région à travers de nombreuses excursions. Il autant les marins sur le port et admire les régates de la Concha. Sorolla fait aussi la chronique de la société cosmopolite qui se donnait rendez-vous l'été à la relative fraicheur de Donostia. Par ailleurs, de nombreuses photographies de sa famille ou de ses amis exposées dans les vitrines mettent en évidence le vif intérêt de l'artiste pour cet autre médium.

Considéré comme l'un des plus grands peintres du début du siècle, les 300 oeuvres effectuées durant les séjours de Joaquin Sorolla ont contribué à la gloire de Donostia. Cet artiste de la fugacité apporte beaucoup à notre époque où le temps semble devenir de plus en plus rare. Cette exposition est une vraie ode à l'oisiveté estivale.

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