Depuis 50 ans Nisa Goiburu rapproche la nature de nos vies intimes

L'artiste d'Ordizia a traversé les styles en restant fidèle à son approche spirituelle de la création. Deux expositions à Donostia donnent l'occasion d'interroger Nisa Goiburu sur son travail de peintre, sculptrice, poète et performeuse.

Avez-vous une définition de l'art ?

L'art est d'abord lié à la question de savoir pourquoi nous sommes au monde. Je le considère comme une manière d'approfondir l'âme. Ce n'est pas une somme d'oeuvres, mais un chemin. D'ailleurs au Japon, j'ai compris que tout ce que l'on fait avec conscience est un art.

Quelle formation avez-vous suivie ?

A l'école, j'adorais déjà peintre, et c'est tout naturellement que plus tard j'ai étudié la peinture classique et réaliste avec Julian Ugarte, à Donostia. En 1968, j'ai vécu une année à Paris où en plus de fréquenter les musées, j'ai surtout découvert la culture en général, notamment la musique. Ce séjour m'a finalement permis libérer ce que j'avais à l'intérieur.

Pourquoi est-il si difficile de définir votre style ?

Je cherche toujours de nouvelles formes pour m'exprimer, c'est pourquoi je passe d'un style à l'autre, en suivant mes intuitions. En outre, je travaille par séries, à partir d'images issues de l'inconscient. J'éprouve alors la certitude que c'est cela que je dois faire. En somme, je désire exprimer ce qui émane d'un mouvement liée à ma vie intérieure et à un lieu. Mes oeuvres proviennent toujours d'une rencontre entre ma vie intérieure et les circonstances. Ceci explique peut-être que mes oeuvres les plus importantes relient les structures géométriques de la vie intérieure aux formes organiques du monde. Les fenêtres sont aussi des motifs récurrents dans mon travail. Je les considère comme des espaces ouverts sur d'autres mondes. Elles relient aussi la vie intérieure et l'environnement.

Votre travail est-marqué par d'autres artistes ?

A Tolosa, je travaille dans la solitude de mon atelier. Je ne considère pas avoir eu de modèles à suivre. Je dirais plutôt que j'ai eu de belles amitiés, notamment avec des membres du groupe Gaur, Oteiza et Amestoy en particulier. Ces artistes ont pu me conforter quand j'avais une idée, car s'ils y avaient également pensé, alors mon travail n'était pas réductible à une approche subjective du monde. Plus généralement, je suis liée à tous les arts : le chant, la musique, et aussi la poésie. D'ailleurs le poète Julio Campal a joué un rôle important pour mes recherches, car ses oeuvres ont permis de m'ouvrir au monde.

Aujourd'hui quelle place occupent les femmes dans l'art ?

En tant que femme, il a souvent était difficile de faire connaître mon travail au Pays basque. Paul Bihr, le directeur de la galerie Sakana qui vit au pays basque nord, soutient plus mon travail que d'autres institutions d'Euskadi. Heureusement, la situation des femmes artistes s'améliore.

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