Anthologie d'un peintre devant la mort hâtive

L'exposition rétrospective consacrée au peintre Carlos Sanz par la salle Kubo Kutxa de Saint-Sébastien réunit 135 oeuvres réalisées entre 1963 et 1986.

Mort en 1987, à l'âge de 44 ans, le donostiar Carlos Sanz a laissé une oeuvre intense, complexe et singulière, conditionnée par l'hémophilie. Mikel Lertxundi Galiana, commissaire de l'exposition, a choisi de présenter 135 oeuvres qui permettent de redécouvrir l'importance de la trajectoire de Carlos Sanz dans l'histoire de l'art basque. Malade, angoissé, il travailla sous la menace permanente de la mort. La sensibilité extrême et la violence des oeuvres de Carlos Sanz émergent de son existence tragique, et la dépassent.

Le parcours chronologique en trois partie suit l'évolution de l'artiste. La première salle montre l'empathie de Carlos Sanz avec des toiles et des dessins qui rejettent de toutes les formes d'oppressions : la répression sexuelle de l'époque, les exactions du franquisme, jusqu'à la guerre du Vietnam. La salle principale expose son oeuvre à partir de la fin des années 60, avec les tableaux représentent l'art achevé de Carlos Sanz. La solitude de l'individu ou le monde en décomposition constituent un pendant pictural de l'existentialisme. Entre nature morte, et cruauté à la Francis Bacon, les portes, les fenêtres et les lits évoquent l'univers cloisonné du malade. Si le monde peint de Carlos Sanz semble plonger dans la désolation définitive, l'espace clos et abstrait dégage une atmosphère spirituelle et sereine. L'absence et le silence font écho aux peintures métaphysiques de Giorgio de Chirico. Enfin la dernière salle rappelle l'engagement de Sanz avec le groupe Gaur et son amour de la poésie. Ainsi la peinture permet d'échapper aux ténèbres. Une leçon de vie de Carlos Sanz.

Précédent
Précédent

Dora Salazar

Suivant
Suivant

José Antonio Sistiaga