Road-movie cocasse et mystique au Pays basque

Avec Nora, Lara Izagirre signe un second film qui touche avec une profonde légèreté les errances de la civilisation contemporaine

Sans véritable destination, Nora roule dans sa Dyane bleu ciel : la jeune femme cherche le chemin d'une liberté d'autant plus difficile à trouver qu'elle ne sait pas vraiment conduire. Nulle en amour, incomprise en famille, l'innocence reste son unique boussole dans ce monde qu'elle ne voit même plus. En ce sens, le choix d'un tournage au format 4/3 limite avec justesse la beauté des paysages pour mieux faire éprouver le regard racorni que Nora porte sur la réalité extérieure. Si l'espace principal du film correspond à celui de la vie intérieure, Lara Izagirre ajoute un troisième espace dans lequel le personnage évolue avec plus d'harmonie : l'univers infini de l'imagination et du dessin. Ses carnets ou la librairie Ulysse d'Hendaye jouent alors le rôle crucial d'échappatoire à la neurasthénie. Ane Pikaza incarne avec la grâce d'un papillon tout le vague à l'âme d'une jeune femme innocente, courageuse, d'autant plus désorientée que la fin de sa quête semble ne pas être de ce monde matériel et consumériste. Une réplique de la garagiste Itziar Ituño résume à merveille la sagesse du film : "Parfois on a l'impression d'aller nulle part, et on finit par arriver."

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