La galerie CarrerasMugica fête trente ans
A Bilbao, la galerie CarrerasMugica diffuse depuis 30 ans la création artistique basque sur la scène internationale. Elle est l'une des plus importantes galeries de l'état espagnol.
Quand Pedro Carreras et Ignacio Mugica ouvrent une première galerie de 55 mètres carrés à Bilbo en 1994, les deux beaux frères ne vendent rien pendant 3 mois. Aujourd'hui, la nouvelle galerie de 1100 mètres carrés, située à quelques minutes à pied du Guggenheim, vend et expose dans le monde entier. Cette réussite est due à une implication totale, aux voyages, à un réseau d'amis et à la collaboration intense avec d'autres galeristes.
Si CarrerasMugica participe à de nombreuses foires internationales à Paris, Sao-Paulo, Berlin, le bâtiment magnifie ses racines basques avec les colonnes de béton de la salle principale qui rendent hommage à l'architecture industrielle de Bilbo. La forte personnalité de la galerie repose avant tout sur la défense de la nouvelle sculpture basque, avec des artistes comme Txomin Badiola, Pello Irazu, Asier Mendizabal, June Crespo. De plus, la galerie travaille avec de nombreux artistes étrangers déjà connus sur la scène internationale, notamment des sud-américains. Pour diffuser l'art contemporain basque, CarrerasMugica a suivi le modèle du galeriste New-Yorkais Léo Castelli qui fit connaître l'art américain émergent en proposant dans son catalogue des artistes européens déjà reconnus. Selon Ignacio Mugica, "L'art basque jouit d'un certain prestige international grâce au groupe Gaur. La nouvelle génération se rencontre dans les ateliers et partage des textes. Ces artistes font preuve d'une synergie impensable à Madrid ou Barcelone. Aussi l'artiste mexicain Jorge Satorre travaille à Bilbo pour cette ambiance. Plusieurs artistes locaux rencontrent un succès international. Ainsi Asier Mendizabal enseigne à l'université de Stockholm et Sergio Prego évolue à New York."
Certes, le public et les écoles fréquentent les expositions, mais CarrerasMugica n'est pas un centre culturel : comme toute galerie, il s'agit d'un commerce dont l'objectif est de vendre des oeuvres. Il faut pour cela une administration solide qui permette de défendre les artistes et de présenter au mieux leur travail, avec des prix logiques. Plutôt que sur Internet, la majeure partie des ventes a lieu sur place. Les oeuvres visibles dans les magasins accrochent effectivement les acheteurs venus visiter une exposition. De nombreux collectionneurs sont des latinos-américains qui renouent ainsi avec leurs racines basques.