Les sculptures organiques de Crespo

L'exposition "Vaskularra" (vasculaire) organisée par le musée Guggenheim de Bilbao met en lumière les oeuvres audacieuses de June Crespo.

Au cour de la dernière décennie, June Crespo est l'une des figure montantes de la scène artistique basque. Après une participation remarquée à la 59éme biennale de Venise, l'artiste qui vit et travaille à Bilbo intéresse les plus grandes institutions, d'où la récente acquisition de ses oeuvres par le Reina Sofia de Madrid. Composées de matières difficiles à rapprocher (acier, aluminium, tuyaux, tapis, tissus, magazines, bois, briques, fleurs, ciment...), ses sculptures excentriques incarnent la beauté surréaliste, à savoir la "rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie".

Ainsi la trentaine de pièces exposées dans la salle 105 du Guggenheim suscitent l'étonnement du visiteur qui semble arriver sur un continent inconnu où des formes organiques fusionnent avec une esthétique industrielle. La notion de vasculaire, intitulé de l'exposition, renvoie aux circuits qui relie des éléments et des formes séparés. Les sculptures tubulaires occupent l'espace ouvert de la salle avec une grâce chorégraphique. Les oeuvres les plus monumentales, à savoir deux énormes tuyaux en tôle d'acier et celle constituée de larges tuyaux, ont été réalisées pour l'exposition. L'attention que June Crespo reconnait porter à la botanique et aux fleurs est visible dans son travail. De la botanique à la plomberie, chacune des oeuvres tend à effacer la barrière entre le vivant et l'industrie, comme une anticipation de ce vers quoi tend notre civilisation à force de mêler les domaines.

Si l'exposition du Guggenheim prouve que l'univers hybride de June Crespo est aujourd'hui devenu une référence internationale, la grande salle 105 propose à l'artiste une dimension qui l'oblige à se dépasser avec des pièces à plus grande échelle.

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