José Ramón Amondarain, le peintre de l'incertitude
A Donostia, la galerie Cibrian expose les dernières recherches de José Ramón Amondarain sur la possibilité de peindre : Cada dia y cada dia mas.
José Ramón Amondarain invite le public à faire une autre expérience de la peinture. Son texte de présentation évite de définir ce qu'il faut voir pour mieux disposer le regard à saisir la peinture sans aucun préjugé. Avec cette ouverture, l'histoire de l'art ne permet plus de réduire son travail à des oeuvres connues, situées au croisement des courants artistiques. Cette perte de repères sert de chemin pour appréhender les oeuvres de José Ramón Amondarain dans leur matérialité.
Ainsi le dispositif de son triptyque monumental correspond à la photo d'une portion de peinture agrandie à plusieurs échelles, de sorte que le regard y perçoit une multiplicité d'images en se déplaçant de droite à gauche, de prêt ou de loin. Les variations de l'oeuvre obligent le spectateur à projeter ses désirs pour lui donner un sens et saisir l'apparition de figures.
Selon José Ramón Amondarain : "L'art n'est jamais où on l'attend. Je joue avec la peur de perdre le contrôle. Peindre est une recherche, et je ne sais jamais où je peux aboutir. J'essaie de m'adapter à la société en me demandant ce que je peux faire à chaque moment. Les fissures de l'oeuvre permettent de rencontrer les désirs du public. " José Ramón Amondarain est toujours à la recherche de points d'incertitudes, justement là où quelque chose d'inattendu va pouvoir surgir. Son travail explore la matière même de la peinture parce qu'elle insiste et donne certaines modulations aux oeuvres qui les orientent, sans égard à la logique marchande. Dans ces conditions, l'espace de la galerie Cibrian rend possible cette expérience vertigineuse, celle où José Ramón Amondarain met de côté la représentation du réel ou la beauté afin de représenter la peinture elle-même.